Photo : My
Au loin, une femme erre en un paysage de sable,
Une silhouette mince à la démarche mélancolique.
Une pluie tombe sur son regard impénétrable,
Créant sur sa peau nue une lente et triste musique.
Elle marche, sans but ni espoir, vers le néant,
Au sol, les traces de ses milles pas nonchalants.
Le vent souffle dans ses cheveux crépusculaires,
Cachant son mince visage au teint bien trop clair.
Le soleil ne brille plus dans ses yeux d'ombre,
En son âme règne des tempêtes, des décombres,
Sa voix s'est tut à jamais, elle ne peut hurler,
Un temps indéfinissable, trop long, à pleurer.
Vers elle, je voudrais courir, l'aider, l'étreindre,
Mais il est trop tard, elle commence à s'éteindre,
Elle s'effondre, je crie son nom, elle n'entend pas,
Le sable l'enveloppe, ses bras sont en croix.
Je la cherche, elle a disparu, d'elle, aucune trace,
Même son parfum de mort, à mon nez, s'efface...
Dans mon miroir, plus de paysage plat et sans but,
Ni d'images de cette autre moi, cette triste inconnue,
Vers moi, j'ai couru, je me suis vue, seule, mourir,
Pour renaître aujourd'hui autrement, d'un léger sourire.